En
l'espace de peu de temps, j'ai déçu plusieurs gens de mon
entourage par mon besoin grandissant de dire tout haut ce que je
pense...Ayant baigné depuis toujours dans la mer sans fond du bien paraître et du plaire, que ce soit par peur de blesser, ou égoïstement, par peur de ne pas être aimée ou moi-même blessée, j'ai souvent été appréciée pour ce que je n'étais pas...
J'admirais au plus haut point ces libres-penseurs qui émettaient leurs opinions sans se préoccuper de leur image: Falardeau, Gainsbourg...Un peu crottés, vulgaires... Je les trouvaient si forts et courageux, si vrais, si souverains! Le fait d'observer ces personnages m'emmena à réaliser que je n'étais pas des leurs : que ma vie se résumait à jouer un rôle sympathique pour grand public. Ce n'était pas moi que les gens aimaient, mais mon personnage. D'ailleurs, comment auraient-t-ils pu me considérer pour ce qu'ils ne connaissaient pas?
Avec le temps, j'en suis venue à détester mon rôle, à être frustrée par mon manque d'intégrité. J'évitais toute source de conflit en m'inclinant, rendant les armes, sans jamais me battre. Résultat: aucune égratignure, mais faible estime de soi. J'avais peur de tout, donc, je souriais constamment pour me préserver de la souffrance. J'étais faible, mauviette et constamment à côté de mes souliers.
Après des années d'essais et erreurs, de rechutes, de lutte à l'hypocrisie, j'ai finalement le courage de poser les vraies questions, car j'ai maintenant la force et la confiance nécessaire d'encaisser les vraies réponses. Ça c'est du solide! Pour rien au monde je ne reviendrais en arrière.
Quoique cruelle, la vérité ne ment pas.
- Dalaï Sara
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