mercredi 24 octobre 2012

Écoutez l'enfant!


On nait plein d'aspirations, de rêves et d'enthousiasme face à ce vaste terrain de jeu qu'est la vie. Enfant, on ne pense pas à jouer. On joue, c'est tout. Notre imagination fonctionne à plein régime, on se crée des univers fantastiques où tout est possible. On ne regarde pas notre montre pour savoir s'il est l'heure de dîner, on ne pense pas à l'argent. On est pleinement dans le moment présent
En grandissant, on nous entre subtilement dans un moule où l'on apprend à compter le mardi, à écrire le jeudi. On apprend qu'à midi, c'est l'heure de manger. On apprend à garder nos questions pour plus tard afin de ne pas ralentir le groupe. Que rien n'est plus souhaitable que de faire partie de la moyenne. Qu'être un peu plus lent est humiliant et qu'être trop rapide tape sur les nerfs.  Qu'être le dernier choisi dans l'équipe de sport amène un sentiment de rejet douloureux. Qu'il faut rester assis bien sagement et se faire bourrer le crâne de trucs qui ne nous intéresse pas toujours en attendant notre quinze minute de bonheur lors de la récréation.
À l'adolescence, on nous forge à devenir de futurs travailleurs au service du système. On apprend que le secteur qui nous intéresse est hyper contingenté et qu'on ferait mieux de se rabattre sur autre chose. Qu'on est plus des enfants mais pas encore des adultes. Qu'on ne doit plus faire cela, mais qu'on ne peut pas encore faire ceci. L'enfant, qui veut encore jouer, résiste en essayant de repousser autant qu'il le peut les futures responsabilités d'adultes. Il sait trop bien dans quel bateau on l'embarque: travailler toute l'année pour deux maigres semaines de liberté.
À l'âge adulte, notre quotidien est dominé par la routine et le boulot. On a malheureusement assimilé que c'est ça la vie. On travaille comme ouvrier à réaliser les rêves de nos patrons au lieu de réaliser les nôtres. On a plus le temps de jouer. Au lieu d'écouter ce que l'enfant nous dit, nous enterrons sa petite voix sous les illusions projetées par la télévision et les magazines, rêvant d'une nouvelle voiture, de vêtements de couturiers ou de mener la vie de quelqu'un d'autre.
Puis, un jour l'enfant se tait pour de bon. Il pleure en silence.  Accablé par nos ''obligations'' quotidiennes, on a oublié sa présence au point de le négliger. On fait ce qu'on nous a conditionné à faire.On désire ce qu'on nous a conditionné à désirer. On se sait même plus ce que l'on aime vraiment ou quelles étaient nos aspirations profondes pour cette vie. On a enfermer l'enfant, qui ne demandait qu'à jouer, au fond du placard.
Et si cet enfant était votre âme? L'écouteriez-vous?
Abandonner ses rêves  et se conformer à ce que la société ou notre entourage s'attend de nous, c'est cela vieillir -SB

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